Art & Esthétique26 10 2026

Esthétique et art islamique — II. Le « voir » psychanalytique

Chapitre II de Esthétique et art islamique : le « voir » psychanalytique, la scène première et le travail du souvenir dans la cure.

CHAPITRE II LE .’VOIR.’ PSYCHANALYTIQUE LA SCENE PREMIERE OULEVOIRPSYCHANALYTIQUE Remontant en arcière dans le passé du malade, de pas en pas et toujours rre par l'enchaînement organique des symptômes, des souvenirs et des pensées ؛ ب ::ees. je suis airivé enfin au point de départ du processus pathologique et il - - rallu voir qu'il y avait au fond la même chose dans tous les cas soumis à :نط ; l'action d٢un agent qu'il faut accepter comme cause, spécifique de '..:..؟série". S. Freud. "Nevrose, Psychose et Perversion" Ed. P.U.F. Paris. 1973
Esthétique et Art Islamique • - LE VOIR - LA QUESTION. Devant le tableau / portait de L. de Vinei -Mona Lisa del Gioeondo-, je ne peux m'empêcher d'être emprisonné par un sourire saisissant et déconcertant. Forte est encore ma fascination quand je découvre ce même so'urire ensorcelant sur les visages des deux femmes d'un autre tableau, intitulé : "Sainte Anne" (La Sainte Anne avec la vierge et l'enfant). Ce sourire qui m'emprisonne est retrouvé même sur le visage du "Saint Jean Baptiste," au Louvre, par A. Kanstantinova(l). Le sourire d٠e la Joconde. qui règne sur tous les autres visages nécessi-ta un long travail. "Léonard de Vinci travailla quatre ans à ce tableau, sans doute de 1503 à 1507, pendant un second séjour à Florence. Il avait alors dépassé la cinquantaine. Il employa, d'après Vasari, les arts les plus raffinés afin de distraire son modèle pendant les séances et de -retenir sur ses traits ce sourire (...) Ce sourire fascinateur reparaît, depuis lors, sur tous les tab'leaux du maître, ou de ses élèves".(2) "Et depu.is lors, chez les peintres de 1'Ital-ie, les madones et les nobles dames eurent l'humble inclinaison de tête et le sourire étrange et bienheureux".(3) Ce, sourire qui me posa problème et le pose à tout spectateur est donc important car, si nous re.lisons les textes ci-dessus, il apparaîtra qu'il n'est pas le sourire de son modèle "Mona Lisa", mais un sourire venant d'ailleurs. Léonard de Vinci n'en anima t-il pas les visages de tous ses personnages ? Le sourire est apparu pour la première fois sur le visage de la Joconde (tableau). Qui est alors la Joconde ? A cette question., nous ne pouvons répondre car une description détaillée de la femme modèle nous manque. Nous ne pouvons savoir si ce sourire, lui appartenait réellement. Même dans le cas où
un oracle viendrait nous le confirmer, la question capitale restera sans réponse : pourquoi le peintre est-il resté attaché à ce sourire ? Peut-on postuler que le -pe.intre avait créé de toutes pièces le portai.t de Mona Lisa ? (surtout si l'on sait que, déclarant son travail inachevé, L. de Vinci ne le rendit pas" ... à celui qui l'avait commandé et l.emporta en France où son protecteur, François Ier (l'acquit pour le Louvre" (4). Est-ce donc un faux portrait ? Non. "La Joconde étant un portrait, impossible de supposer que Léonard lui ait prêté, de sa propre invention, un trait si chargé d'expression, sans qu'elle-même le posséd-ât. Nous devons donc admettre, qu'il trouva ce sourire che.z son modèle et en subit à tel point le charme qu'i'l para désormais les libres créations de son imagination de ce même sourire''(5)
Le"voir" Psychanalytique C'est alors, et selon Freud, sous le coup du sourire "jocondien" qu'il s'est mis à animer les visages de ses personnages de ce sourire ensorcelant. Mais ses biographes rapportent des faits ayant des rapports avec des sourire-s féminins et enfantins. Ainsi, selon Vasari, il modelait, "... dans sa jeunesse, quelques têtes de femmes qui riaient, d'abord en terre, puis reproduites en plâtre, et aussi quelques tétés d'enfants, qui semblaient sorties de main de maître"(6). Ne pouvons-nous .conclure que le sourire le hante et l'a toujours hanté même avant la Joconde ? Pourquoi alors celui de la Joconde l'a t-il telle.ment emprisonné qu'il, le généralisa ذ tous ses tableaux ? Peut-être parce qu'il "éveillait en lui quelque chose qui, depuis longtemps, ١ :mmeillait au fond de son âme, sans doute un très ancien souvenir"(?) Là nous devons céder la plume à Freud ou écrire sous sa dictée.(8). Le sourire est donc le. symbole (ou le symptôme), il est la lumière qui nous fait -:une et nous' entraîne très loin dans des se.ntiei's tortueux et presque obscurs. Le -١.٦ürire est notre fil conducteitr, derrière lui se cache une vérité quelconque. Quel est donc ce souvenir obsédant (éve.illé) qui s'est imposé à Léonard de Vinci ? Le tableau nommé plus haut, "Sainte Anne et la vierge", représente deux ■’les, un enfant et un agneau. Sur le. visage des deux femmes fait irruption le .:-rire en question. La grand-mère enfourche la mère, mais, comme par une .:-؛ion diabolique, on a l'hnpression qu'elle la porte en même temps sur les ^-oux. L'enfant enfourche l'agneau et regarde, béat, le sourire des deux femmes. Commençons par être clairs : qui nous affirme que sur les lèvres de ces XJ femmes, c'est un sourire qui se dessine ? Nous l'acceptons ayant Freud pour Nous allons
accepter une autre affirmation disant que le tableau .'-indiqué représenterait le pe.tit Léonard, sa mère et sa belle-mère. Car tout le -:-.de sait que Léonard de Vinci était un enfant natui'el (le fils de la vierge), "sa "e.e se nommait Cat.erina et était sans doute une paysanne, plus tard remariée د un autre habitant de. Vinci" (9). Ainsi, le petit Léonard fut airaché à sa mère :■■٠ Levé chez son père, par sa belle-mère (donna Albiera) et sa grand-mère 'En rapprochant cette circonstance- de son enfance d'une autre : la présence chez son père d'une mère, et d'une grand-mère à la fois, en en faisant une unité mixte., Léonard conçut sa Sainte Anne. La figure, maternelle la plus eloignée de l'enfant, la grand-mère., correspond, par son apparence et sa smration dans le, tableau par rapport à l'enfant, à la vraie, première mère : Caterina. Et l'artiste recouvrit, et voilà avec le bienheureux sourire de la Sainte Anne؛ la douleur e.t l’envie que ressentit la malheureuse quand elle dut céder à sa noble ri-vale, après le père, l'enfant"(؛.) Esthétique et Art Islamique Peut-on se contenter de cette explication ? Peut-on l'accepter avec tout son caractère moral et un peu chrétien ? (dans le sens de l'amour du prochain). Comment se fait-il qu'un enfant de moins de cinq ans puisse enregistrer, et dans son corps, un évènement d'ordre relationnel et qui lui était presque extérieur ? La douleur était ressentie essentiellement par la mère, comment pouvait-elle trouver son chemin à travers l'oeuvre du grand garçon, exactement comme elle a été vé-cue? Partant de l'enseignement du père de la psychanalyse lui-même, nous ne pouvons acce.pter la simplicité avec laquelle un tel problème a été abordé. Il faut peut-être fouiller beaucoup plus loin, voir s'il n'y a pas eu un inci.dent
٠٠physique" qui aurait marqué l'enfant et qui l'aurait fixé sur les lèvres. Suivant l'explication freudienne, nous sommes maintenant sûrs que le problème ne concerne que le souvenir et que le souvenir ne concerne que le rapport de l'enfant avec sa mère, et que ce rapport était complexe avant l'âge de cinq ans. Que s'est-il passé alors entre lui et sa mère avant cet âge ? Il n'y a apparemment pas de documents qui puissent éclairer notre chemin, mais Freud rapporte et analyse le souvenir suivant : "Je semble avoir été destiné à m'occuper tout particulièrement du vautour, car un de mes premiers souvenirs d'enfance est, qu'étant encore au berceau, un vautour vint à moi', m'ouvrit la bouche avec sa queue et plusieurs fois me. frappa avec cette queue les lèvres."(11) La tâche se complique. Le souvenir n'a appremment aucun rapport avec ce que nous disions jusque là. La mère étant absente du souvenirs, doit-on la chercher dans les plis de ce dernier ? Nous nous trouvons 1^ symboles (symptômes) qui se cachent l'un derrière l'autre. Dans ce souvenir, il nous semble que les meneurs du jeu sont : la queue et les lèvres d'un côté ؛ le vautour et l'enfant de l’autre. Mais une chose est à souligner : les lèvres insistent. Si l'enfant est plus ou moins "tiré au clair", nous savons qu'il s'agit bien du "je" parlant : Leonard ؛ si les lèvres sont notre problème central comme il en fut décidé par Freud, il nous restera à décrypter les symboles suivants : la queue, le vautour. Que signifient le vautour, la queue et les coups donnés entre les lèvres ? Quel est leur rapport à l'oeuvre ? " (...) nous pouvons oser traduire ce phantasme de sa langue spéciale en langage ordinaire et compréhensible à tous. La traduction se rapporte alors à l'érotique. Queue "coda" est le ,symbole le plus connu
et la désignation d'.'ersastz" du membre viril (...) un vautour ouvrant la bouche de l'enfant et s'y évertuant avec sa queue, coirespond à l'idée d'une "fellatio", d'un acte sexuel dans lequel le membre est introduit dans l.a bouche d'une autre personne"(!2)
Le"voir" Psychanalytique Dans toute cette explication, nous ne voyons pas encore la mère. Et si :'introduction de la queue dans la bouche du petit Léonard symbolisait l'acte sexuel, que seraient les lèvres ? Qui serait le vautour ? Symboliserait-il le père ? Par quel biais alors la mère avait-elle pris la place du père dans le tableau (La Joconde) ? Ou bien la mère tiendrait-elle une place particulière dans le souvenir / phantasme ? Quel est surtout le rapport entre un phantasme sexuel et ؛on "détournement" par le biais d'un tableau ? Il nous semble qu'un autre aspect du phantasme tend maintenant à se ^sser dans l'ombre : il s'agit de la passivité du petit Léonard dans son rapport à .ذ queue. L'explication freudienne qui dit que la queue pouvait symboliser la ^cion du sein pourrait être acceptée, mais l'acte passif de l'enfant nous fait renser à autre chose. Dans l'acte de la succion, l'enfant n'est jamais passif car le ٠i:?ort au sein est un rapport qui dépasse le seul vouloir d'un sujet conscient qui eut ce qu'il sait et sait ce qu'il veut. Quoiqu'on dise, l'enfant (ou l'homme rrant) suce quand même. Il agit. L'abondante lettérature sur l'obsession :i>culine par les seins nous dispensse d'une explication supplémentaire. Ceci تذ:٠ب indique une seule chose : le phantasme n'est pas encore puisé à fond. >٠iY0ns Freud. On pourrait accepter l'histoire de l'allaitement, le vautour qui serait alors -^essairement la mère nous poserait un grand problème. "D'où provient ce ل٠:لت et que vient-il faire ici ?(13) Comment a-t-il symbolisé la mère ? C'est ici que Freud tentera une entreprise d'explication d'une imagination 7r١ .-are : parce que les Egyptiens figuraient la mère sous l'image du vautour, ي:ل que les anciens livres de l'histoire naturelle parlaient des vautours comme
ةتء-ي des êtres unisexes et parce que Léonard de Vinci était un lecteur infatigable, aurait donc vu ou lu ces histoires. La genèse du phantasme se dévoile donc "Il lisait un jour, dans un Père de l'Eglise ou dans un livre d'histoire namrelle, que les vautours sont tous femelles et savent se reproduire sans l'aide de mâles, alors surgit en lui un souvenir qui prit la forme de ce phantasme, mais qui signifiait que lui aussi était un tel, fils de vautour, enfant ayant eu une mère mais pas de père."(!4) Si cette explication était plausible et si donc le vautour symbolisait la -crt en dépit du doute que pourrait alléguer une pensée rationaliste et un peu " c -^^nnable), la queue serait-elle uniquement le sein ? Nous venons d'affirmer ٠ ٠: 'enfant revendique le sein et de toute manière le suce et en jouit. Y-a-t-il ح٣٠:أص d aunes choses cachées dans les plis du phantasme ? n faut peut-être chercher encore dans son rapport avec sa mère et à un autre L'enfant de la vierge, l'enfant chéri est sûrement l'objet d'un excès de plaisir. En voyant partir son "mari", Caterina n'avait peut-être plus que son e.nfant comme objet érotique et affecti-f ؛ et ainsi : "La tendresse de sa mère lui fut fatale, scella son destin et les carences de son être et de sa vie. La violence des caresses que révèle son phantasme au vautour n'était que trop naturelle ؛ la pauvre mère abondonnée devait épancher dans l'amour maternel et tout son souvenir des tendresses perdues et sa nostalgie de tendresses nouvelles, elle se sentait poussée non seule-ment à se dédommager elle-même de n'avoil. pas d'époux, mais à dédommager l'enfant de n'avoir pas un père qui l'eût caressé”(!5) Le phantasme du vautour serait-il donc autre chose ? Vient-il cacher un autre incident bien antérieur à la naissance de ce souvenir ?
Il est évident que Freud nous conduit vers une "chose" sexuelle et le phantasme est traduit ainsi. "Ma mère m'a écrasé sur la bouche d'innombrables baisers passionnés"(!^) Nous avons poussé à fond la question pour trouver ce phénomène physique auquel (à lui seul), peut revenir cette fixation sur les lèvres. La passivité est beaucoup plus claire ici, surtout dans la réception des baisers de la part d'un enfant encore au berceau. Nous pouvons de notre côté résumer le code freudien, à travers ce petit livre, en ces termes "ma mère m'a caressé, ma mère m'a allaité, ma mère m'a baisé". Voici donc la clé de voûte de toute la vie et l'oeuvre de L. de Vinci entrevue par Freud à partir du phantasme du vautour. Si nous avons commencé par un autre point de départ, c'est seulement pour être plus près de l'oeuvre picturale qui, apparemment, n'intéressait pas spécialement Freud. Le sourire était donc notre point de départ. Pourquoi l'artiste ne nous a pas' livré directement cette dernière scène ? N'aurait-il pas pu nous la livrer d’emblée et nous épargner toute besogne intellectuelle ? Nous a-t-il donné ce symbole (symptôme) qui est le sourire uniquement pour nous leurrer ? Le connaissait-il ? A-t-il fait exprès de nous jouer ces tours ? Le "vrai" problème était donc celui que nous venons de découvrir avec Freud. Il serait donc aisé de dire que le sourire "léonardesque" n'est que simulation d'une situation en vue de détourner, de masquer, de c.amoufler le "vrai" et le vrai problème exactement à la manière du rêve. Reste à savoir qui simule et comment. Le symbole (symptôme) est donc une. simulation et un leuire, une ombre du problème, car il ne fait que cacher. Tout le travail du psychanalyste consiste à enlever ce voile opaque. Est-ce possible ? Comment ? Oui, car "possédant
maintenant, de par la technique psychanalytique, d'excellents moyens de ramener à la lumière le matériel enseveli ..."(!7) le psychanalyste est capable de "voir" au d.elà du voile. Le''٧oir" Psychanalytique La vérité n'est donc pas ce que nous voyons sur le tabeau. La vérité est cachée au spectateur et au pe.intre lui même. Elle est entercée (ensevelie) dans les contrées ténébreuses de l'inconscient. Nous parlons de té.nébres dans un sens non ^joratif mais en suivant Freud quand il veut "ramener à la lumière" un matériel enseveli. Quelles sont les tén.èbres ? Comment fait Freud, comment a-t-il l'ait dans le cas de Léonard de Vinci, pour ramener ce, qui est obscttr à la lumière ؟ 'Comment avons nous fait, en partant du sottrire gracieux et sensuel qui nous fait ١:gne ici et maintenant, pour être mêlés à des histoires lointaines et presque .moyenâgeuses" ? N'oublions pas une autre question : Pourquoi l'artiste s'est-il trouvé dans l'obligation de cacher, de simuler et de camoufler ? Pourquoi a-t-il enveloppé une scène nonnale et presque banale, d'un aussi beau travail artistique ? Pourquoi la scène s'est-elle enveloppée d'un phantasme aussi obscur et détourné :جنا celui du vautour ? 11■ LA DE - MARCHE Sachant que "de quelq'ue cas et de quelque symptôme, que l'on soit parti, on '٠::: immanquablement par arciver au domaine du vécu sexuel''(J8), Freud a essayé غ iecryter le phantasme du vautour et le sourire de la Joconde en termes sexuels. دد؛ ا le sexuel ne se donne pas d'emblée. Il ne se donne .d'emblée ni au sujet ni à malyste. Pourquoi justement ? C’est un problème de résistance. Le sexuel ?؛:s:e. Faut-il le forcer ? Est-ce que c'est le sexuel qui résiste réellement ? Pour r.a de l'embarras, disons que : ça résiste. Pourquoi ؟a résiste ? Pour répondre à ces questions
et à d'autres qui se dresseront inévitablement ■ تئ "lotre chemin, nous ne pouvons, dans un tel travail, nous contenter de 1'étude- : ت٠ cas, comme nous venons de le faire avec L. de Vinci ؛ nous devons faire إجذ surtout en philosophe, à un des textes les plus spéculatifs de Freud. Celui ت ". )US interesse est : "au delà du principe du plaisir”(!9). Nous devons savoir que "l'évolution des processus psychiques est. régie par ب rnncipe du plaisir''(20), le plair serait-il une dé.charge et le dé--plaisir une .يبت٠ ? Dans une situat-ion désagréable, notre appareil psychique cherche (tend : ج[ت٠ ب de Freud) à se décharger. La sensation désagréable est déc.rite par Freud - :ب:م un état de non-stabilité (il emprunte cette idée qui, di-t-il, conc.ordait avec. -ZJZZJI se dégage de ses recherches - à G. TH. Fechner). Le plaisir serait un ءذ تش ت stabilité, ou de constance. Ainsi, ”le principe du plaisir se lai'sse (...) xire du principe de la C0nstance''(2l). Le principe du dé-piaisir serait-il une :mefjce ?
Esthétique et Art Islamique Nous ne savons par quelle fascination (hypnose) Freud nous fait avaler cette explication qui, apparemment, n'a rien d'objectif ؛ mais il serait très important de le suivre pour le moment. Notre organisme tend donc vers le plaisir-la constance. "Mais, est - il bien exact de parler du rôle prédominant du principe du plaisi,r ?"(22). La vie courante, comme l'affirme Freud, nous dément et nous serons dans l'obligation d'avoir recours à l'expérience psychanalytique. Il s'agit de savoir pourquoi on répète des actes désagréables. Pourquoi notre corps-et indépendamment de nous- cherche-t-il à répéter des sensations désagréables ? Il est vrai qu'.'une forte tendance à se conformer au principe du plaisir est inhérente à l'âme..."(23), mais, puisque ce-rtaines circonstances et peut-être même des forces s'opposent à cette tendance, le résultat n'est pas toujours du plaisir. Pourquoi ? Il arrive que quelquefois, la réalisation se heurte à une barrière, le monde extérieur, et que cette opposition soit, dangereuse pour la vie de l'organisme, alors, "sous l'influence de !,'instinct de conservation du moi, le principe du plaisir s'efface et cède la place au principe de la réalité qui fait que sans renoncer(24) au but final que constitue le, plaisir, nous consentons à en différer la réalisation (...) à supporter même (...) un déplaisir momentané"(25). Nous venons de dire "barrière, "le principe du plaisir cède et "s'efface",consentons à en différer la réalisation"؛ ceci résumé presque tout l'appareillage de la démarche psychanalytique et délimite son champ de travail. Le Moi (inconscient lui aussi) refoule le plaisir, ce dernier ne s'efface pas dans le sens de disparaître définitivement (sauf si s'effacer prend le sens de laisser libre passage), mais cède, ou
plutôt subit une modi'fication comme il a été rappelé dans un addenda à un autre livre spéculati^26) Il ne s'efface pas dans le sens de disparaître car "...un refoulement est autre chose qu'un rejet"(27). ç'est quoi alors ? Freud emploie " ...le mot Auf'hebung (...), c'est le mot dialectique de Hegel, qui veut dire à la fois nier, supprimer et conserver."(28) Le plaisir n'est donc pas rejeté définitivement, il est plutôt conservé ou tout simplement écarté ou suspendu. (Nous ne voulons pas lire le texte freudien avec malveillance et dire qu'il est contre-dit). Ici, une question surgit : ce plaisir garde t-il la même nature dans l'inconscient ou subit-il des changements ? (puisque les termes, surtout de l,a traduction, foisonnent : en différer la réalisation, modifier, conserver, effacer ..., notre question se trouve justifiée). Dans l'inconscient, c'est la jungle. "Il serait t0ut-à-fait injustifié de représenter le moi et le ça comme deux camps opposés, et de se figurer que, le moi cherchant à réprimer par le refoulement un fragment du ؟a, le reste du ça viendrait au secours de la partie attaquée et mesurerait sa force à
Le"voir" Psychanalytique celle du moi ; cela peut arriver souvent, mais ce n'est certainement pas la nation de départ du refoulement, en règle générale, la motion pulsionnelle qui doit être refoulée demetrre isolée"(29). Il est clair que les esclaves qui peuplent mconscient ne sont pas encore arrivés à la situation, de maturité qui pemet de ^nser à la solidarité. Chacun se défend seul et subit la repression seul. Pouvons-nous en conclure une réponse à notre questi,on ? Pouvons-nous dire que, '^ratifiées à la manière de dossiers classés, les motions refoulées restent isolées -.؛me au niveau de l'inconscient et ne subissent point l'influence d'autres Etions ni ne s'y confondent ? Faisant allusion au rapprochement avec Hegel, il y a un instant, nous ne ١لا:'اons que nous étonner car nous savons que le nié. hégélien auquel se référé le : :mmentaire d'Hyppolite est un nié qui se transfonne, il n.est nullement "gardé" ع tant que tel dans le mouvement dialectique. Le refoulé freudien subit presque le même sort ("N'ous consentons à en : -ferer la réalisation"), il s'agit en fait d'une satisfaction réalisée d'une autre Mnière. Après analyse, "Il s'avère alors, en général, que la motion pulsionnelle a .::■en ttouvé, malgré le refoulement, un substitut, mais un substitut fortement ::.;?:ué (nous soulignons), déplacé, inhibe, et dans lequel, en outre, il n'est plus T؛:٠:hle de- reconnaître la satisfaction"(^.). Nous avons l'impression que, presque :ente ans après, Freud renonce au terne de "réalisation" pour le remplacer par ::؛faction.' (c'est peut-être un problème de traduction française). De toutes les mires, la question est reléguée là au champ symbolique tant du côté de ::yste que du côté du sujet, d'un point de vue analytique. 'Nous consentons à en différer la réalisation",
ce "nous" reste à définir. ٠٠:■٠'٠ avons l'impression qu'il est question d'un "nous" conscient. .Un certain ل٠:ال qui prend consciemment la décision, qui consent et accepte, de changer ر د ذ. un "nous" qui, pour se conserver à la manière de l'esclave de Hegel, .:.■::ce momentanément au plaisir. Actuellement, on (on = la psychanalyse) a : ؟endance à dire : "ça" consent : "ça" consent à quoi ? "ça" consent à en. ~r~er la réalisation (satisfaction) ؛ "ça" consent à se réconcilier avec le réel. Ici le principe qui, quoi qu'on en dise, reste un concept plus ou moins ٠٣٠: ; ,١ (rétablissement de l'ordre ؛ la jungle (inconscient) seco'ue la stabilité et 7 ت:cipe en question intervient pour mater la turbulence), c'est autour de ce TTC:re que tourne presque toute la cure psychanalytique. Ça consent donc à en différer la réalisation, ؟a se réalise autrement, d'une mere radicalement autre.que celle qui s'oppose au principe de réalité. Comment : ; ث١ realise t-il ? Nul autre texte de Freud que celui sur l'interprétation des rêves ne le - me :ussi clairement. Il s'agit du travail qu'effectue le rêve pour nous faire تة(٠٤٢ ^n contenu manifeste : celui que nous recevons et que nous racontons le
Esthétique et Art Islamique matin au réveil (ou qui nous est raconté). Ce travail est un jeu de cache-cache effectué par le rêve pour déjouer les brigades de la douane et de la gendarmerie mobilisées par le Moi au profit du principe de .réalité. Rêve ou oeuvre, d'art, il s'y passe la même chose. Le même travail est effectué à travers les récifs du corps et les plis de la mémoire pour nous faire parvenir, sous fome de bribes syntaxiques, sous forme de monèmes ou, dans notre sujet, sous forme de fixation sur les lèvres (sourire léonardesque), des événements refoulés. Comment se fait ce travail ؟ En voici les stations importantes : ٠٠L'Entstellung, traduite : transposition, où Freud montre la précondition générale de la fonction du rêve... La Verdichtung, condensation, c'est la structure de surim-position des signil'iants où prend son champ la métaphore, et dont, le nom, poitr condenser en lui-même la Dichtung, indiq.ue la connaturalité du mécanisme à la poésie, jusqu'au point où il enveloppe la fonction propremment traditionnelle de celle-ci. La Verschiebung ou déplacement, c'est plus près du terme allemand, ce virement de. la signification que la métonymie démontre et qui, dès son apparition da.ns Freud, est pré.senté comme le moyen de l'inconscient le plus propre à déjouer la censure''(3l). La transposition, la condensation et le déplacement, voici donc le travail du rêve pour nous livrer son contenu manifeste par opposition à un contenu latent, vrai, le seul vrai resté, refoulé dans !'inconscient. Comment donc atteindre ce "vrai" ? "Le travail opposé, celui qui aboutit à une transformation en sens inverse, je le nommerai travail. d'anaiyse”(32). Ce qui reviendrait à dire : remettre à sa place (son origine) éparpiller, défaire et dilater le. condensé puis le replacer
là où il faut qu'il soit. Mais, à. quoi tend tout ce travail, du moment que la motion refoulée s'est déjà réalisée par le biais symbolique ? La motion refoulée, 'tant qu'elle n'est pas assumée en tant que telle, ne cesse d'agiter le patient. Il faut donc la retrouver. De. nouveau resurgit notre question : est-ce-que la pulsion refoulée (satisfaite en chevauchant un substitut) reste, te.lle quelle, sans change.ment dans l'inconscient ? Il paraît encore une. fois que oui, car les événements refoulés sont stratifié.s au "fond" de l'inconscient à -la maniè.re des archives. 'Ils n’exerce.nt aiicune influence les uns sur les autres car, comme l'affirme Freud, ’.On sait qu’il n'existe pas de ”non" dans l'inconscient ؛ les contraires y co'încident”(33). Et puisqu'elle est toujours la même, la pulsion refoulée garde un pouvoir constant de secouer le sujet jusqu'au jotir où elle sera assumée (à entendre. : découverte par
Le"voir" Psychanalytique analyste) ؛ cette même pulsion cherche donc les détours pour s'ex-primer dans le eel. Seulement, est-il aisé, du point de vue pratique, d'accéder à cette pulsion massée dans l'inconscient ? Imaginons un "moi" quelconque, .un certain s. Freud • un certain J. Lacan en train de s'analyser ou de s'auto-analyser. Lui est-il facile : accéder et, sans difficu'ie, à cette pulsion en question ? Maintenant, loin de toute métaphore, imaginons un certain L.de Vinci -- le divan d'un certain analyste s. Freud (il l'a déjà été). Le symptôme que ل٠ب ^sède l'analyste nous est décrit ainsi : mon patient est obsédé par un sourire dit-il, est celui d'une certaine Mona Lisa d'El Jiocondo dont il avait fait le :.:!ait. Or, ce sourire ne cesse de le hante.r et de s'imposer à lui dans tous ses ٠ ذ؛ aux.(34) Je ne possède pas les éléments nécessaires sur la vie de mon patient, mut alors lui faire dire ce qu'il garde pour lui. Il faut faire pression sur lui. ۶ ؛quoi ? Car "On ne réussit à réveiller la trace psychique de 1'événement sexuel :٠r:oce que sous la pression la plus énergétique du procédé analyseur et contre _:e resistance énorme, aussi faut-il leur arracher le souvenir, morceau par - :::eau. et, pendant qu'il s'éveille dans leur conscie.nce, ils deviennent la proie : _ ؛ émotion difficile à contre-faire''(35). Cette pression est exercée sur la résistance qu'oppose le patient, sachant ..,:est "à tout instant sous les feux croisés de notre interprétaîion"(36). Il faudra ٠: Jraiiser cette, résistance qui constitue le voile, qui sépare le patient de sa vérité, j moment où le sujet s'interrompt, c'est ordinairment le moment le plus qrücatif de son approche de la vérité"(37). Cette vérité pour Lacan est souvenir ' : Freud, ce dernier l'appelle ”noyau pathogène",
c'est autour de ce noyau que ب :rgamse la résistance. Il revient donc à l'analyste de faire taire son "moi", en vue de laisser se ٠: : er la parole véridique". "Ceci veut dire que l'analyste intervient concrètement ذ dialectique de l'analyse en faisant le mort, en cadavérisant sa position جث:م disent les Chinois, soit par son silence, (...) soit en annulant sa propre ةا٠شا (...), car c'est ainsi qu'il saura être celui à qui ce discours s'adresse"(38). . غتن::, ste doit amener le patient à neutraliser, à faire taire sa résistance. La ج::ذء annulée, écartée et tue, la parole véridique surgit et le patient nous livre .١٠ ٠ene primordialeIl la verbalise. Il la ramène à la conscience. Elle fait .ة'ذ٠. Il guérit. De quoi ? De son ignorance et de sa non-conscience de soi. ,غد psychanalyse peut accompagner le patient jusqu'à la limite extatique du : : la' , où se révèle à lui le chiffre de sa destinée mortelle ؛ mais il n'est pas • ٠ :.re seul pouvoir de praticien de l'amener à ce moment où commence le - - ١0 -ت٠US soulignons) voyage". Effectivement Socrate en était capable, • - : je Platon, les sorciers et les curés confesseurs en sont capables, eux aussi.
Esthétique et Art Islamique • - UN COMPORTEMENT VIS-À-VIS DE LA CHOSE. "Il y a au début, semble dire Freud, mais au début ne veut rien dire d'autre que dans le mythe ’’Il était une fois''. Dans cette histoire, il ét un moi (entendons ici un sujet) pour lequel il n'y avait encore rien d'étranger. La distinction, de l'étranger et de lui même, c'est une opération, une expulsion''(40). Au début, il y avait un moi, égal à lui.-même, mais sous l'exigence d'une force, il s'est divisé en deux : une partie fait surface et ne raconte que le mensonge, et une autre partie, la vérité elle-même, est enterrée, chassée dans les profondeurs obscures. L'extérieur que je suis (l'analyste) ne reçoit que le leurre et le mensonge. Mais heureusement que cette partie autre insiste et me parvient sous forme de leurre, de rayons et de symboles (symptômes). La partie mensonge tourne le dos à la vérité. "Il y a de la part du moi une méconnaissance totale, tandis que de la part du çà, il y a une reconnaissance."(^) Il faut donc la forcer à re-connaître la vérité. Il faut lui faire dire la vérité. Comment ? c'est en repassant par les mêmes sentiers et pentes que le substitut a parcourus pour nous parvenir. Il faut remonter le chemin rude et escarpé que traversa le prisonnier de Platon pour parvenir à la lumière et découvrir l'Idéa. La part,ie ignorante reconnaîtra la vérité et la verbalisera quand elle aura découvert la scène, la scène primordiale refoulée dans le creux du noyau pathogène que fera découvrir l'analyste qui jusque là ne fait que suivre en faisant pression sur la vérité pour qu'elle rejaillisse. En fait, on ne sait pas si le voile qui cache la vérité est sur les yeux du médecin ou ceux du patient. De toutes lq^anières, l'acte lui même est un acte de débarrasser le chemin des voiles
pour avancer au delà de l'obscurité. Il faut creuser, ou enlever les couches pour déterrer le matériel enseveli. Quand la parole véridique surgit ou re-surgit (car c'est une parole refoulée, elle a déjà été formulée à l'intérieur), le malade guérit, s'il guérit, cela veut dire que la psychanalyse l'a amené jusqu'à la limite de "Tu es cela". Jusqu'à la limite de : vois-tu ce que tu ignorais et qui n'était qu'en toi : Ce malade sortira alors de l'illusion (le psychanalyste n'est jamais dans l'illusion car il cadavérise son corps, en d'autres termes il se débarrasse de l'opinion courante, bref de l'ignorance) en se découvrant lui même à la manière du prisonnier platonicien. En suivant le chemin que fait le côté interne de la chose pour nous parvenir, à l'extérieur, mais sous une forme pâle et presque fictive, nous pouvons, grâce à notre regard perspicace, le remettre à sa place pour le bien voir.
— --- LeMvoir" Psychanalytique Nous parvenant sous forme d'un sourire, les baisers violents que Caterina faisait a ١XI î^tit Léonard ont été re-présentés sous forme de scène devant nos yeux. Ainsi -te activité artistique doit trouver son référent ailleurs, un référent sous forme :ي royau qu'il faudrait voir. NOTES ةب:ل dans s. Freud "Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci" ed. Gallimard. 1927. P. : ١ Freud. Ibid. PP. 100-101 F^d. Idem. P. 108 ٠ S.Freud, op. cite P. 101 : ;ت:ي. P. 101 - :;té dans Freud Op. Cit. P. 103 وة?: ٠. Idem. P. 103 Vous aurions pu poser d'autres questions qui ne mèneraient pas nécessairement à la ٢::.^banalyse, mais puisque ce chapitre vise à dévoiler la démarche freudienne,en direction :c :a chose artistique, "l"oeuvre d'art", nous avons préféré jouer le jeu psychanalytique au bout pour voir ce que ce dernier cherche à dévoiler = dé-voiler = a tirer au clair = . -tertre sous l'oeil = en évidence. :ل., ailleurs, il ne faut pas oublier qu'en acceptant que le sourire évoque un souvnir et rien ذ ;-tre. nous coupons le souffle en nous, à d'autres possibilités susceptibles d'éclairer . ::e chemin. 5 Freud. Op. cit. P. 37 7:id . P. 108 de \٣inci. cite par Freud, op. cit. P. 49 r?:d. P. 53 Ibid. P. 56-57 ;r:d٠ Idem. P. 60 :يi p. 109 ;للب P. 97 ;::d. P. 53 Freud. Nevrose, Psychose et Perversion, ed. P. U. F. Paris 1973 P. 91 Freud, in Essais de psychanalyse, ed. P. B. P. Paris 1963 ld P. 7 .::d. P. 9 id P. 9 d P. 10 :?ncer à ", ceci nous rappelle d'une manière particulière la dialectique du maître et de, ح'١ذ٠ de Hegel. Que ceci soit dit en passant. L'esclave reporte son plaisir pour après, -e de se conservei. de la mort, reud. "Au delà du principe du plaisir. Loc. cit. P. 10 "reud. "Inhibition, symptôme et angoisse, ed. P. U. F. Paris 1951. P. 85 et
s. q. Le trad. 1975 ud "Cinq psycftanalyses.^d. P. U. F. Paris 1954 P. 385 Esthétique et Art Islamique • J. Hyppolite, in "Ecrits de J٠ Lacan" ed. Seuil 1966. P. 880-881. Ce commentaire fut fait devant J. Lacan et ses disciples. Les propos de Hyppolite ne furent guère contredits, ce qui nous donne le droit de les considérer comme propos psychanalytiques. • S. Freud in "Inhibition, symptôme et angoisse" loc. cit. P. 13 • Ibid. P. 11 • J٠ Lacan "Ecrits". Loc. cit. P. 511 • S. Freud. "Le rêve et son interprétation", ed. Galli/Idées. paris 1925. P. 26 • S. Freud. "Cinq psychanalyses" op. cit. note(2) P. 386 • Si l'on croit ce qui est rapporté ci-haut, à savoir que ce sourire devint la caractéristique de tout portrait de femme en Italie, l'on pourca conclure que tous les peintres italiens étaient homosexuels parce qu'ils étaient "allaités'' (bien sûr), caressés et baisés par leurs mères qui se dédommageaient de la perte de leurs maris. • S. Freud "Nevrose, Psychose et Perversion" loc. cit. P. 56 • J. Lacan. "Séminaire" Livre (I) ed. Seuil. Paris 1975. P. 47 • Ibid. P. 63 • J. Lacan "Ecrits", loc. cit. P. 41 • Ibid. P. 100 • J. Hyppolite. In "Ecrits de J. Lacan" loc. cit. P. 884. Le ؟a est une partie du moi, dira Freud dans "Inhibition, symptôme et angoisse" en 1926. Lacan, voulant se démarquer, date cet "il était une fois" dans la ré-alité physique du corps. Il le nomme déhissence survenant dans le corps entre six et dix huit mois. Le corps encore indifférencié par rapport à l'autre essaye, dans un mouvement désespéré et désespérant par rapport à soi, de rejoindre l'autre et de s'identifier à lui. Alors survient, avec l'impossibilité de cet acte en tant que tel, une béance au sein du corps animal / humain. Béance qui lui donnera par la suite la possibilité de se penser en
tant que mortel (Il s'agit en fait de se spéculer). Il s'agit d'une mortalité spéculée, imaginée. Car peut-on affirmer la présence de cette béance dans le corps ? L'on est parti d'une constatation flottante et l'on bâtit toute une théorie. Ceci ne peut passer sans no'us faire penser à l'analogie éclatante (quoique toute analogie soit un glissement dans le gouffre théologique) qu'elle a avec Hegel. Ecoutons Lacan : "Mais le point important est que cette forme (forme primordiale avant qu'il (le nourrisson) ne s'objective dan.s la dialectique de l'identification et avant que le langage ne lui restitue- dans l'universel sa fonction de sujet) situe l'instance du moi dès avant sa détermination sociale؛ dans une ligne de fiction à jamais irréductible pour le seul individu, ou plutôt qui ne rejoindra qu'asymptotiquement le devenir du sujet". "Ecrits" P.94 Là, on ne peut pas ne pas se rappeler Hegel ؛ les deux termes de la dialectique qui ne se touchent que pour s'exclure infatigableme.nt. • J. Lacan. "Séminaire" Livre (!) loc. cit. P. 64.